Webradio : un phénomène révolutionnaire

Webradio : un phénomène révolutionnaire

Webradio : le contexte

Une culture de la co-création émerge dans l’art, le design, l’architecture (Armstrong et Stojmirovic, 2011), la musique, la vidéo, la littérature et d’autres domaines productifs comme la fabrication, l’agriculture urbaine et la biotechnologie. Beaucoup d’outils de production des webradio et de distribution utilisés par les professionnels sont à la disposition du grand public. Les publicités deviennent de plus en plus productives (Jenkins, 1992; Arvidsson, 2011). La montée de ces phénomènes suggère qu’une nouvelle modalité de création de valeur s’affirme dans l’économie de l’information (Arvidsson et Colleoni, 2012). Cette culture de co-création émergente et une nouvelle théorie de la valeur affectent également le milieu radiophonique. La combinaison entre les sites de réseaux radio et sociaux (SNS) a permis d’achever un long processus historique en vertu duquel la distance avec le public diminue, comme Walter Benjamin l’a déjà compris dans son travail sur la relation entre la radio et la société. Dans cet article, je me concentrerai sur les changements que les publics de radio ont subis dans la dernière étape de cette «histoire de la distance», puisqu’ils ont commencé à utiliser les médias sociaux, en particulier Facebook: changement dans la publicité des publics; Dans la valeur des publics (les publics participent au processus de production); Dans la relation orateur-auditeur (où une nouvelle forme d’intimité devient prédominante) et dans l’auditeur à l’auditeur; Dans le rôle et l’éthique du producteur de radio (qui est de plus en plus conservateur et moins productif). Pour ce faire, je devrai mélanger deux domaines d’études différents: la radio étudie la tradition et émerge des études sur les médias sociaux.

Webradio : stigmate de l’âge numérique

Soixante-dix ans passèrent de la publication de l’essai d’Arnheim en radio à l’invention de Facebook. Dans ce célèbre livre, Radio: un art du son, Arnheim (1972) a noté la caractéristique distinctive de la radio, la nature sans visibilité de l’écoute, l’invisibilité mutuelle entre l’émetteur et le récepteur. Comme il l’a écrit, «la radio organise le monde pour l’oreille». Arnheim a été le premier à louer la radio spécifiquement pour son langage auditif et à reconnaître la «cécité» de l’écoute radio comme un avantage plutôt que d’une déficience, un moyen d’éviter les limites de la vision. Un vol qui ne provient pas des images elles-mêmes, mais des mécanismes de la perception visuelle. Cependant, depuis les temps d’Arnheim, de nombreuses choses ont changé et de nouvelles inventions ont été introduites: le transistor, le téléphone, l’Internet, le haut débit, les satellites, l’iPod, les blogs et SNS. Chacun de ces implants sur le corps de la machine radio a généré de nouveaux modèles d’écoute hybrides et modifiés. Alors qu’il est encore possible d’accorder une radio dans la cuisine, comme c’était le cas dans le temps d’Arnheim, c’est aujourd’hui une forme d’écoute résiduelle. L’écoute de la radio maintient encore certains éléments de la cécité, mais la façon dont nous expérimentons maintenant ce milieu n’est plus totalement désincarnée et immatérielle.

L’histoire de la radio et de son public pourrait également être racontée comme une histoire dans laquelle chaque étape technologique correspond à une réduction croissante de la distance, une distance qui est fonction de l’innovation technologique: au sommet de la première étape, marquée par un manque total Des commentaires du public et à son plus bas niveau dans la dernière phase, au cours desquels le public donne non seulement son avis, mais aussi en public et mutuellement. Les paragraphes suivants tentent de résumer les quatre étapes de cette « histoire de la distance »

Webradio et capitalisme

Pour les radios, un large réseau d’amis / fans est d’une grande importance pour leur avenir. Même si le réseau des fans ne génère pas une valeur économique tangible comme le fait déjà le public de la radio, il génère néanmoins une grande capitale de réputation. Le message du public SNS d’un programme de radio est le réseau lui-même, car ce réseau est capable de produire de la valeur. La valeur intégrée dans le public en réseau n’est pas déjà convertible en capital économique, mais la crise de la publicité de masse traditionnelle entraînera une augmentation et un raffinement futurs des outils pour la capitalisation de la richesse des publics en réseau liés aux programmes et aux stations de radio. En outre, la construction de publics en réseau et productifs pour la radio pourrait avoir une importance stratégique pour les médias de service public. Les médias de service public perdent du public et de la légitimité, car ils abdiquent de servir les auditeurs en tant que citoyens (Syvertsen, 1999). Depuis que faire et participer signifie «se connecter» et créer des relations sociales, comme l’a montré brillamment Gauntlett (2011), construire et nourrir des publics riches et productifs en réseau pour les médias de service public pourrait être l’occasion de légitimer leur service en tant que véritable public, un service Qui fournit aux auditeurs des outils pour les laisser participer et créer de nouvelles relations sociales entre elles.

Par Henry Kohl